Véloce,
le lièvre roux, était heureux. Non seulement il avait épousé Vive, la plus
belle des hases rousses de la prairie, mais celle-ci venait de lui donner
quatre adorables petits levrauts aux yeux orangés. Véloce était un lièvre malin
qui avait fait de solides études à l'école des lièvres. Pour plaire à Vive, il
avait calculé l'emplacement de leur terrier au milieu des meilleures herbes de
la clairière, et tressé quelques ronces pour protéger ses arrières. Rien ne
pouvait leur arriver et, du haut de son rocher de guet, il regardait d'un œil
attendri ses levrauts qui tétaient leur mère en donnant de petits coups de tête
dans les mamelles gonflées de lait. Véloce entendait bien de temps en temps
éclater des coups de tonnerre dans le ciel bleu de l'automne, mais cela ne
l'inquiétait pas plus que ça.
Mais un
jour qu’il était sorti chercher un bon endroit pour passer l’hiver, il entend
de nouveaux coups de tonnerre, et, sans savoir pourquoi, il se précipite vers
son terrier. Quand il arrive dans sa clairière, il aperçoit un drôle d’animal,
avec un chapeau et un bâton noir encore fumant. C’est un homme, et il sourit.
Il se baisse pour ramasser quelque chose. Non ! C’est Vive, sa compagne.
Les pattes de la pauvre hase rousse tressautent encore de douleur. L'homme saisit
le pauvre animal par les oreilles, et l’emporte. Le cœur de Véloce explose de
chagrin. Alors il pense à ses enfants. Ils ont besoin du lait d’une femelle, et
ne peuvent boire que cela. Alors Véloce court vers les autres terriers, pour
demander à une autre hase de les nourrir, mais tous les terriers sont fermés
et, dans la nuit, ses quatre petits levrauts meurent de faim et de soif. Alors
Véloce décide de se venger de ce chasseur, et convoque les autres animaux.
« Mes chers amis, personne ici ne sera tranquille tant que cet être
malfaisant qui lance le tonnerre et les éclairs dans le ciel bleu avec son
bâton noir et fumant chassera dans le pays. Je déclare le chasseur espèce
nuisible, nous allons le chasser. Voulez-vous m'aider ?
- Chasser un chasseur !
s'exclament ensemble les autres animaux. Oui, mais comment ?
- En tant qu'animaux, nous
avons tous une spécialité que nous allons utiliser ; voici mon plan : Vous les
lapins de garenne qui savez si bien creuser les terriers, vous allez faire un
gigantesque trou non près de là. Faites vous aider par les taupes pour déblayer
la terre. Vous les castors, vous couperez de petites branches pas trop solides
pour recouvrir le trou. Prenez de l'aulne ou du peuplier. Ensuite, ce sera à
moi de prendre les risques pour l'attirer dans notre piège. Je vais le guetter
; quand vous m'entendrez vagir, cachez-vous soigneusement dans la forêt et
attendez. Il ne doit voir que moi. »
Ainsi, le jour
où l’homme revient, ils ont eu le temps de préparer leur plan. A un moment,
Véloce bondit, et court pour entraîner l’homme vers leur piège. L’homme tire,
mais ne parvient pas à l’atteindre. Soudain, il se prend les pieds dans leur
piège et tombe dans la fosse, laissant échapper son fusil. Les animaux rient de
plaisir à la vue de l'homme qui se tord de douleur en tenant sa cheville
blessée. « D'abord, récupérez ce bâton qui tue et cachez-le au fond d'un
terrier humide et abandonné, commande Véloce.
- Qu'est-ce qu'on va faire de
lui ? demande un petit écureuil en remuant le nez de contentement.
- Je peux l'empester et
l'asphyxier ! dit le putois.
- On peut dévier la rivière et
le noyer ! ajoutent les castors.
- On peut reboucher le trou et
l'enterrer tout vif ! jubilent les lapins de garenne.
- C'est toi le chef, qu'est-ce
que tu décides ? »demandent les autres lièvres à Véloce. Alors Véloce ferme ses
beaux yeux orangés. Il revoit sa Vive ensanglantée, ses pauvres petits morts de
faim, revit sa peine immense. « Rien ! ... On ne lui fera rien ! ...Il a
peut-être lui aussi des petits et une femelle qui comptent sur lui. Le tuer ne
me rendra pas ma Vive ni mes levrauts. Ne soyons pas aussi cruels que lui ;
laissons-le au fond de son trou, ses chiens le retrouveront bien. »
QUESTIONS
1. Pourquoi les petits de Véloce
n’ont-ils pas survécu après la mort de leur maman ?
2. Le chasseur a tué Vive.
Pourquoi était-ce un acte idiot, qui montre qu’il ne connaît pas la
nature ?
3. Quel plan invente Véloce pour
se venger du chasseur ?
4. Pourquoi, à la fin de
l’histoire, Véloce refuse-t-il de tuer le chasseur ?
5. A la place de Véloce, comment
aurais-tu réagi à la fin, et pourquoi ?
6. Dans le texte, recherche
comment on appelle la femelle du lièvre, les petits du lièvre, et la maison du
lièvre.
L’homme et le loup
Un beau jour, au milieu de la
grande éternité, les Dieux décidèrent de tenir un congrès. Ils étaient tous un
peu fatigués d'avoir tant créé, et ils choisirent comme lieu de rencontre un
coin retiré du bout de l'Univers. Chacun d'eux s'assit confortablement tout en
buvant du petit lait de la Voie Lactée.
«C'est bien beau ce que nous avons fait : les galaxies et les étoiles,
les météores et les comètes, les planètes et leurs satellites, mais est-ce que
nous avons bien fait de créer aussi les êtres vivants ? se
demandèrent-ils tous ensemble.
- Voilà une vraie question, se
répondirent-ils en même temps, il faut que nous en ayons le cœur net.
Prenons une planète au hasard et examinons-là. Ils choisirent la Terre, et
regardèrent toutes les espèces qu’il y avait. « Ecoutons une conversation
entre deux espèces, dirent-ils, afin de voir s’ils parviennent à vivre
ensemble. » Et juste à ce moment-là, un homme tomba nez à nez avec un
loup.
- Comment ? A notre époque civilisée il existe encore des
loups pour manger mes agneaux ! Que n'ai-je mon fusil... fit l'homme
- Ah, toi tu es probablement un homme car tu ne penses qu'à
tuer ! répondit le loup.
- Un loup qui me dit ça, j'aurai tout entendu ! Je ne tue que
les êtres qui cherchent à me nuire alors que toi, tu égorges mes moutons qui ne
t'ont rien fait.
- Si j'en tue un de temps en temps, c'est pour me nourrir et
faire vivre ma famille de loups.
- Ce troupeau est à moi, tu n'as pas à y toucher, affirme
l'homme.
- Tes moutons dis-tu ? En quoi ces moutons peuvent-ils
t'appartenir ? Les moutons n'appartiennent qu'aux moutons. Et toi, n'en tues-tu
pas ? fit le loup qui bégayait un peu.
- C'est moi qui les élève, c'est moi qui les soigne, c'est
moi qui les nourris, ils sont donc à moi et j'en fais ce que je veux.
- Personne n'est propriétaire de l'existence des autres !
- Un loup, la bête la plus sanguinaire de la création qui me
fait la morale !
- Le loup est plus humain que l'homme qui est un loup pour
l'homme ! Faisons le bilan d'un an de notre vie et comptons le nombre
d'existences que nous avons sacrifiées et puis nous verrons bien.
- Je vais faire ton bilan, monsieur le gentil loup, donneur
de leçons : rien que pour cette année, c'est quatre brebis que tu m'as égorgées
!
- Je dois le reconnaître, j'ai chassé tes brebis. Et aussi
quelques lapins sauvages, une poule échappée et puis quelques mulots, taupes et
musaraignes. La nature l'a voulu, je suis un carnassier et dois manger pour
vivre. Si nous parlions de toi ?
- Tu vas vite comprendre que le méchant des deux ne peut pas
être moi. Pour de vrai, cette année, la chasse fut mauvaise : à peine deux
faisans, un lièvre et trois perdrix. C'est beaucoup moins que toi !
- Tous ces œufs que tu manges, ainsi que les poulets, sans
parler des canards, des dindes, des poissons et des oies.
- Nous avons bien le droit de manger nous aussi !
- La nature le veut, c’est normal. Mais les cinquante agneaux
qui, à Pâques, manquaient à ton troupeau ?
- Tu m'en as tué quatre, faudrait pas l'oublier monsieur le
" gentil " loup ! Quant aux autres, sache bien que c'est à grand
regret que j'ai dû les céder.
- A Pâques, les agneaux ne font pas de vieux os !
- J'avais besoin d'argent pour changer de voiture.
- Ta nouvelle voiture qui, rien que le mois dernier, a écrasé
le chat de ton voisin ! Sans parler de la pollution qu’elle provoque !
- Pourquoi ne pas compter, pendant que tu y es, les
moustiques, les abeilles et autres papillons collés sur mon pare-brise !
- Ce sont aussi des vies aussi ! Comme bien entendu les
millions d'existences que ravagent les poisons que tu mets dans tes champs.
- Si je ne traite pas, je n'ai pas de récolte.
- On fait les additions ?
Questions
1. Quel argument donne le loup pour expliquer pourquoi il tue des agneaux ?
2. Pourquoi le loup pense-t-il que les moutons n’appartiennent pas à l’homme ?
3. Fais la liste de toutes les mauvaises actions de l’homme.
4. Pour le groupe A: Tu es un loup. Trouve trois arguments pour montrer que tu es moins mauvais que l’homme.
Pour le groupe B : Tu es un homme. Trouve trois arguments pour montrer que tu es moins mauvais que le loup.
Le
narval, ou licorne de mer, vit dans les eaux arctiques. Sa corne
peut atteindre trois mètres. Il se nourrit de poissons, les seiches. Les
esquimaux tuent ces animaux pour travailler l’ivoire de sa corne.
Le
morse appartient à la famille des phoques. C’est le géant de la
famille. Il se nourrit de mollusques. Dans l’arctique, il est en voie de
disparition. Des hommes, les Inuits, les chassent beaucoup pour leur chair,
leurs défenses et leur graisse.
La
baleine bleue est le plus gros animal de la planète. Sa taille moyenne est de 26m
mais elle peut atteindre 30m. Sa masse peut atteindre 150 tonnes.
La baleine bleue appartient à la famille des cétacés à fanons (11
espèces). De longues lames de cornes bordées de poils très durs sont
plantées dans sa mâchoire supérieure. Ces fanons leur servent à filtrer
l'eau de mer et à en recueillir le krill (minuscules crevettes) et le plancton
dont elle se nourrit. Elle est elle aussi en danger à cause des hommes.
Le
Caïman noir est une espèce qui vit dans la forêt tropicale en Amérique
du Sud notamment dans le bassin de l'Amazone. Il ressemble à l'alligator
américain. Il se e nourrit de poissons (même des piranhas), tortues,
oiseaux et petits mammifères. Il est actif surtout le nuit. C'est
un animal à protéger car victime des braconniers et de la population locale qui
le trouvent à leur goût.
PRODUCTION ECRITE
Choisis un de ces animaux, menacé
par l’homme. Tu vas écrire son histoire.
a) D’abord, raconte qui il est.
Quel est son nom ? Où vit-il ? De quoi se nourrit-il ? A-t-il
une famille ? Quel est son métier (tu peux inventer) ? Quelle est son
activité préférée ? Que déteste-t-il faire ?
b) Ensuite, raconte qui est
l’homme qui veut l’éliminer. Quel est son nom ? Où vit-il ?
Pourquoi veut-il le tuer ? Comment va-t-il s’y prendre ?
c) Ensuite, raconte la
rencontre de l’animal et de l’homme. Imagine la ruse que va utiliser
l’animal pour essayer de ne pas se faire attraper par l’homme.
d) Trouve une fin à ton histoire
( heureuse ou malheureuse).